J’apprivoise ma future sole.

Serais-je en train de vous dire que la sole est déjà terminée ? En fait ce n’est pas tout à fait vrai. Mais ce n’est pas tout à fait faux non plus…

Bon, plus sérieusement, je n’ai pas avancé d’un pouce depuis la dernière publication « Construction du foyer. » Par contre, j’ai refait toute la sole du four de Jacques. En effet la sole était très abîmée et depuis 4 mois à chaque fois que je faisais du pain (chez Jacques donc), elle se détériorait toujours un peu plus. Comme vous pouvez le voir sur les photos (cliquez dessus elles s’agrandissent), c’est la partie gauche qui est très esquintée.

En conséquence, cela me compliquait davantage la tâche car la cuisson des pains n’était plus homogène et tous les pains enfournés à gauche (partie esquintée) ne se développaient pas : ils ne gonflaient pas. De ce fait la mie était beaucoup plus dense ou moins aérée si vous préférez. Alors concrètement, choisissant de ne plus enfourner sur cette partie gauche, je ne m’autorisais plus que 25 pains par fournée contre 33 auparavant.  Donc obligé de repasser à 4 fournées les vendredis pour les AMAP (4 fournées de 25 pains). Soit 1h de plus de boulot… ou vu sous un autre angle, une heure de moins de sommeil (puisque l’heure de livraison des AMAP ne change pas). Allez je vous présente le « mini-chantier. »

Première étape : retirer toute la sole. Il ne reste que le sable :

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Deuxième étape : après avoir pris les mesures de la sole avec Jacques, je découpe à la disqueuse les pierres récupérées de la sole de Bruno.

Pas de panique ! Il m’en reste suffisamment pour construire aussi la sole de mon futur four. En tout j’en ai récupéré 50 (dimensions : 33 x 33 x 6 cm) , plus des chutes…

Troisième étape : après avoir égalisé le sable je fais un essai. Pas facile l’accès, plutôt étroit…        

Avec les nouvelles pierres :

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Encore quelques ajustements à faire pour finir le chantier. Mais pour l’heure…

Quatrième étape : une petite pause s’impose ! Direction la Baie de Somme pour un ressourcement et un repos bien mérité. Deux petites journées pour décompresser, sortir du quotidien c’est juste ce qu’il nous faut. Ca devient même urgent car la fatigue se fait de plus en plus ressentir. J’aurais aimé rencontrer les phoques mais ils n’étaient pas au rendez-vous. Une bonne raison pour revenir, sans tarder…

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Un peu plus reposés, l‘air marin nous a fait grand bien ! Et puis la Baie de Somme, c’est vraiment extraordinaire ! Grand grand merci à Corinne et Jean-Claude ! 

Allez revenons à nos moutons à présent ! Retour sur la sole :

Cinquième étape : Je scie les dernières pierres et refais celles trop courtes. J’assemble le tout en veillant à ce que tout soit bien plat.  Je suis plutôt content du résultat :

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Mardi 8 mai, la sole du four de Jacques est terminée et opérationnelle ! Je suis heureux d’offrir cette nouvelle sole à Jacques, c’est une manière de le remercier pour tout ce qu’il m’a transmis et pour toute l’attention qu’il porte à mon égard. Il était question que je la refasse après la construction de mon four mais l’état d’usure de l’ancienne sole a avancé l’échéance. Et c’est une bonne chose puisque je vais déjà pourvoir l’utiliser et surtout commencer à l’apprivoiser. Première fournée : jeudi 10 mai.

chauffe du four

La première fournée est prête : 

Le moment de la cuisson…

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Pour une première cuisson, c’est plutôt encourageant. La particularité : j’ai trop chauffé la sole. Petit détail : le thermomètre ne fonctionne plus depuis presqu’un an, alors je chauffe et j’enfourne au juger, à la sensation ou au ressenti. Pour cette première fournée, une dizaine de pains sont cramés au cul. Mais ils restent consommables (et délicieux).  Regardez :

Le gros point positif, c’est qu’ils sont tous développés, ils ont tous « gonflé » sans exception aucune sur les 6 fournées réalisées jeudi et vendredi. Je comprends alors ce que m’expliquait Jacques à maintes reprises sur la levée de la pâte lors de la cuisson : « c’est la chaleur du cul (donc de la sole) qui fait s’ouvrir le pain. » Ça se vérifie totalement, d’autant plus que mes cuissons précédentes avec la sole détériorée ne me donnait pas du cent pour cent de pains développés, j’avais toujours entre 2 et 5 pains plats non développés, voire plus (c’est dommage, je n’ai pas de photo de pain non développé pour vous montrer la différence).

Durant la deuxième journée de cuissons, vendredi, j’ai aussi vérifié un point important : par crainte de trop chauffer la sole, je n’ai pas chauffé suffisamment la voûte. « Ta voûte doit être blanche quand tu enfournes. »  En l’occurrence elle était noire. Résultat : des pains cuits au cul sans être noircis, c’est une réussite, mais la croûte reste très pâle, trop pâle. La dernière cuisson de vendredi (donc la 6ème pour la nouvelle sole) sera à peu près réussie, grâce à l’aide et à l’intervention de Jacques pour la chauffe :

Je termine de  défourner la dernière fournée, cette fois-ci bien dorée.

Un dernier point important de compréhension pour moi : Jacques m’a toujours conseillé de mettre des pierres épaisses pour la sole « si t’en trouves qui font 10 cm d’épaisseur, prends-les ! »  Mais ça se fait rare. Enfin déjà là, les pierres font 6 cm d’épaisseur soit presque le double des anciennes.  L’importance de l’épaisseur est qu’elles conservent plus longtemps la chaleur puisqu’elles en  emmagasinent plus. Conséquence : elles diffusent plus longtemps cette chaleur emmagasinée. Concrètement, lors de ma première chauffe, c’était tellement chaud (trop pour le coup) que j’ai cuit la deuxième fournée juste derrière, sans rechauffe. C’était une manœuvre inenvisageable avec l’ancienne sole :  je chauffais toujours 15 à 20 min entre chaque nouvelle fournée.

Je me rends compte à quel point cette nouvelle étape est importante pour moi dans la compréhension des différents éléments du four et leur fonction. Tout ce que Jacques a pu m’expliquer en théorie, je le vérifie une fois de plus et au fur et à mesure dans la pratique. La semaine prochaine, je refais du pain jeudi et vendredi. Je vais donc poursuivre cette phase de découverte, prendre de nouveaux repères avec ce nouveau matériau et parfaire mon organisation en fonction de cette nouvelle forme de cuisson, très différente de l’ancienne. Tout ceci me donne un avant-goût de la fonction de ma future sole. Et petit à petit, je vais pouvoir l’apprivoiser, le temps de finir mon four dans le Hangar.

2 réponses sur “J’apprivoise ma future sole.”

  1. Bonjour

    Je découvre votre réalisation qui est superbe
    j’envisage d’en construire un également à titre personnel
    j’aurais des petites questions à vous poser.
    pouvez vous me donner votre adresse mail que je puisse vous
    contacter.
    Merci
    Au plaisir

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