Fondations terminées, dalle en train de sécher !

Après les 2 derniers épisodes du Loire et Cher, retour en Picardie. Lors du dernier voyage chez Bruno nous avons ramené suffisamment de matériaux pour poursuivre les travaux dans le hangar à Villers Cotterêts.

Un mois après le dernier voyage, les fondations de mon four sont complètement terminées. La dalle a même été réalisée il y a 4 jours (jeudi). C’est tout frais, ça sèche tranquillement… Il faut dire que les travaux avancent à grand pas depuis 15 jours et ce, grâce à  l’aide d’André, présent à chaque jour de chantier.  La disponibilité et l’entrain d’André sont très appréciables et particulièrement bienvenus pour cette étape ; et pour les étapes suivantes d’ailleurs « Plus vite on aura fini le four, plus vite on mangera du bon pain à volonté ! » dixit André.  Il y a aussi l’aide d’Enzo (mon fils) ainsi que Christophe venu dernièrement. La bétonnière de Christophe nous a aussi été d’une grande utilité pour couler la dalle. Quel travail d’équipe ! J’ai beaucoup de reconnaissance pour chacun d’entre vous qui m’aidez depuis le tout début à votre façon : une heure, deux heures, une demi-journée, plusieurs demi-journées, prêt de matériel, conseils, discussions, échanges d’idées… tout m’est super utile. Grand merci à vous ! 

Depuis qu’André vient régulièrement, j’ai trouvé une nouvelle organisation dans mon travail qui est bien plus reposante et bien plus confortable pour moi : les matinées nous travaillons sur le chantier à la construction du four et les après-midi je consacre mon temps à mon activité de fasciathérapie dans laquelle je suis toujours plus sollicité (enfin ça concerne les semaines où je ne fais pas de pain). Et les soirs je retourne sur le chantier contempler le travail réalisé et réfléchir à la suite pour préparer la journée du lendemain 

Voici quelques photos pour illustrer l’avancée des travaux et quelques explications ensuite :

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Enfin les fondations sont réalisées, c’est une grande étape ! C’est toujours beaucoup de joie et de satisfaction dans ces moments-là.

Fin d’une étape, début d’une autre : préparer les contours des murs porteurs pour réceptionner le plancher en poutrelles et hourdis .  Un petit schémas vaut mieux qu’un long discours… explications en photos (cliquez sur les photos, elles s’agrandissent) :

D’après les fours que j’ai pu étudier jusqu’ici, le plancher en poutrelles et hourdis n’est pas indispensable. Une simple dalle en béton armé suffirait. Mais disons que les poutrelles et hourdis facilitent grandement la tâche.

NOTA : Dans mes recherches, j’ai vu que pour la plupart des fours à gueulard, la sole a une légère pente (montante quand on est face au four). Ceci faciliterait l’enfournement et le défournement des pains et aussi, il me semble, la chauffe de la sole et de la voûte.  Pour ma part, j’avais hésité à faire cette pente. Je l’ai tout de même réalisée, avec une pente de 5 cm sur une longueur de 4 m.

Je vous présente André. Attention on va passer à la vitesse supérieure !

(Pensez à cliquer sur les photos, vous verrez mieux les détails)

Ci-dessus, sur les deux dernières photos nous avons mis une semelle de mortier qui suit la pente des planelles afin de venir poser ensuite (une fois séché) les poutrelles dessus.

Mardi 20 mars 2018, pose des poutrelles et hourdis avec Christophe et André. Sur les photos ci-dessous on voit les planelles ajoutées  au dessus de l’emplacement du foyer. Les planelles servent à contenir le béton que nous allons couler ensuite (dimensions d’une planelle : 5 x 16 x 50 cm). Je fermerai devant avec des planches qui serviront de coffrage et au fond, je m’appuierai sur le mur.

Jeudi 22 mars, ci-dessous (diaporama), encore une grande étape de franchie : avec André nous coulons la dalle.  Avec treillis soudés pour faire une dalle de béton armé, j’ajoute également des fibres. Ceci est facultatif, j’ai choisi cette option sur les conseils de Lorry, un professionnel chez Pillaud à Soissons. Il m’explique que les fibres améliorent aussi la tenue au feu des bétons en plus de consolider la dalle. J’ai trouvé le concept intéressant. Si vous voulez en savoir plus, voici  les caractéristiques techniques du produit :

J’en profite pour dire un grand merci à Lorry qui a pris le temps de tout m’expliquer par téléphone à plusieurs reprises ainsi qu’au magasin, au sujet de la pose des poutrelles et hourdis tout en s’adaptant à ma demande spécifique de construction de four à pain.

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Avec André nous avons encore fait du bon travail d’équipe : il s’occupait du mélange à la bétonnière et moi je tirais la dalle avec la règle. Pour 2 non-professionnels, nous aurons mis 5h et demi pour réaliser cette chappe, de 9h à 14h30.  Bravo André et mille merci !

Concernant la suite, l’une des prochaines étapes sera de construire le foyer (juste devant au centre) et également d’ajouter une seconde dalle, cette fois-ci en vermiculite posée sur la dalle de béton armée. La vermiculite est un isolant qui permet de garder la chaleur des pierres de la sole à l’intérieur de la chambre de cuisson. C’est sur cette seconde dalle que se poseront ensuite les pierres de la sole (elles-mêmes posées sur un lit de sable). Aujourd’hui je réfléchis à la suite du chantier car il m’est venu cette drôle d’idée de construire un four à sole rectangulaire ces derniers jours. J’étais parti pour construire un four avec une sole ovale (2,20 m sur 1,80 m), mais depuis que je démonte le four de Bruno avec sa sole rectangulaire, je me dis « pourquoi pas ? » D’autant plus que d’un point de vue architectural, ça semble bien plus simple à réaliser. Je vais poursuivre ma réflexion en ce sens car la suite des travaux en découle directement.  Disons que j’ai une semaine pour prendre ma décision… suite au prochain épisode…   😉

 

 

 

 

 

Faut tout démonter ! 2ème partie.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Villers Cotterêts, mercredi 7 février 2018.

Déjà un mois nous sépare du dernier article. Que le temps passe !… Tout s’enchaîne à une vitesse incroyable ! Le deuxième voyage pour démonter la suite du four a été retardé par les intempéries du mois de février, moment critique où la majorité du pays était paralysée par la neige et le verglas. A une demie-journée près nous aurions pu prendre le départ pour le Loire et Cher. J’avais longuement hésité… déterminé  je le suis… mais pas obstiné ! Contraints à repousser notre voyage, j’en ai profité pour bien me reposer. Et j’en viens à me dire une fois de plus que la Vie est bien faite… Outre le repos, ce moment de répit me permettra de reconsidérer certaines notions telles que priorités, urgences, patience, prudence et pertinence…

Allez, rentrons dès à présent dans le vif du sujet. Avec ma très chère Ghislaine, nous arrivons à Mareuil-sur-Cher mercredi 21 février vers 17h30.  Bruno nous accueille chez lui avec toute son amabilité et nous offre l’hébergement. Cette première soirée, nous nous installons tranquillement, nous prenons le temps de nous poser et nous observons le four pour décider de quelle manière nous allons démarrer le chantier le lendemain. L’objectif que j’avais alors fixé : démonter tout le reste de la sole, les 2 ouras, la porte d’enfournement et une partie de la voûte. Tout ceci en deux journées seulement de travail. L’objectif sera-t-il atteint ?…

Voici le récapitulatif en photos, diaporamas et vidéos accompagnés de quelques explications :

Mardi 22 février, 8h du matin, j’observe la belle vue  depuis le fournil avant de démarrer le chantier.


Première étape : sur les conseils de Jacques, nous démontons les éléments de la porte à guillotine pour alléger la charge.

Seconde étape de la journée : récupérer toutes les pierres de la sole. A noter que les pierres sont juste posées sur un lit de sable (je crois que c’est du sable). Ce qui facilite grandement l’opération : il y a juste à les tirer (avec un râteau par exemple) en les faisant glisser jusqu’à la sortie de la bouche du four. D’après différents constructeurs de four, il y a 2 méthodes pour poser les pierres (ou briques) de la sole :

  • les coller avec un mortier,
  • les poser simplement sur la dalle sous un lit de sable très fin, du « sable à lapin  » par exemple.

Je pense que je vais adopter la deuxième solution sur les conseils de Jacques qui m’explique que ce sera plus simple si un jour j’ai besoin de changer une pierre.

ça avance bien

L’après-midi de cette première journée, nous enlevons 3 rangées de parpaings sur la face postérieure du four. Nous ferons de même ensuite sur la face latérale. Cela nous facilite la suite du chantier pour descendre directement des seaux de sables qui restent à retirer sur les côtés de la voûte. La fontaine de sable décrite dans l’article précédent était très efficace mais créait énormément de poussière.

3 rangées de parpaings en moins sur la face arrière

L’étape suivante, nous allons découvrir les fameux ouras, situés dans les 2 conduits de cheminée.

La fonction du oura :

Le oura permet l’ouverture et la fermeture du conduit de cheminée. Il est indispensable pour les fours à gueulard. En premier lieu, ouvert, il sert à évacuer les fumées lors de la chauffe du four. Puis il est primordial de le mettre en position fermée avant d’enfourner les pâtons pour conserver toute la chaleur accumulée lors de la chauffe. Sans cela, le pain ne cuira pas comme voulu.

Petite démonstration du mécanisme :

Heureux et grandement satisfaits de cette belle première journée de travail, nous nous arrêtons vers 16h30 histoire de garder encore un peu d’énergie pour le lendemain. Il restera donc à démonter les mécanismes des 2 ouras, retirer le reste de la porte et commencer à démonter la voûte en briques du four, tout un programme…

Mercredi 23 février, 8h30, c’est reparti pour la 2ème et dernière journée de chantier.  Petit diaporama pour démarrer.  Opération ouras !

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Le premier oura devient enfin accessible.

La suite en vidéo…

Le oura n° 2 logé dans l’autre conduit de cheminée a subi le même sort, récupéré en très bon état. Il reste à présent l’autre partie des ouras à récupérer qu’on voit tout à la fin de la vidéo ci-dessus. C’est la partie cylindrique en fonte qui fait la jonction entre la voûte et le système d’ouverture-fermeture. Ce long travail minutieux sera la mission de Super Ghislaine.

Tous ces éléments récupérés nous procurent énormément de joie ! Mais le plus dur reste à faire… Retirer entièrement la porte du four.  Pendant que Ghislaine se démène pour récupérer les 2 conduits cylindriques des ouras, je m’affaire à cette rude tâche. Plus de 3h de marteau-piqueur… peut-être même pas loin de 4h il me semble. 

Il est 17h passé et la porte ne bouge pas d’un poil après tout ce que j’ai donné… C’est notre 2ème jour de travail et je sens qu’il faut arrêter là. Je sens cet état de fatigue propice à l’accident. Très déçu, je suis en train de me résigner avec toute la sagesse qu’il me reste… prêt à abdiquer… Alors  j’essaie une dernière tentative pour me persuader que la porte ne viendra pas aujourd’hui et là… je sens un micro-jeu en mouvement… L’espoir renaît, un regain d’énergie sorti de nul part me relance pleinement dans la bataille. Oui, c’est comme une lutte entre la porte et moi. Elle va venir ! Je vais l’avoir ! Une demi-heure après, nous parvenons enfin à la déloger de son entrée et réussissons à la poser à terre. C’est une grande victoire ! Mais juste après-coup je réalise que je n’ai pas été très raisonnable… Je suis épuisé, vidé, et je ne tiens plus debout… je me sens au bord du malaise… Cette porte doit peser au moins 150 kg, peut-être même 200kg, je n’en sais rien… Il me faudra toute la soirée pour récupérer et une bonne nuit de sommeil.

Samedi 24 février, nous repartons en milieu de matinée. Il nous faut 2h pour charger le véhicule, mon super kangoo qui a fait ses preuves avec ce dernier voyage. L’objectif de départ est finalement atteint. Aussi, une bonne nouvelle que je n’ai pas mentionnée : nous avons découvert les briques de la voûte en excellent état. Je pense donc pouvoir les réutiliser pour former la voûte de mon four. Je prévois encore un ou deux voyages pour démonter et ramener les briques de la voûte. Mais cette fois-ci, ça devrait être plus « tranquille » comme chantier. J’ai l’impression que le plus dur est fait. Ce qui est sûr, c’est qu’après cet épisode un grand  besoin de repos s’impose.

A ce sujet, Bruno nous propose de revenir une fois le chantier terminé « sans marteau-piqueur », pour souffler, profiter de ce lieu paisible et visiter la région. Ce sera avec grand plaisir Bruno ! Et j’ai hâte d’en être à cette étape.

A présent j’aimerais conclure cet article sur une note positive  en vous partageant mon sentiment : durant ces deux journées de démontage, je ressens beaucoup de joie malgré l’intensité du travail, avec beaucoup d’émerveillement à chaque pièce découverte, à chaque pièce récupérée. Tel un aventurier-chercheur, avec toute ma curiosité j’affine mon esprit de compréhension quant à la fonction des différents organes du four et à la construction-même du four.  Je suis en ébullition, plein d’entrain et d’enthousiasme.  Ce que nous vivons là est juste merveilleux. Je suis heureux de vivre cette belle expérience qui s’offre à nous, pleine de sens à mes yeux. Je me sens joyeux, je me sens utile, je me sens vivant ! Je parle en mon nom, mais je pense que Ghislaine partage aussi mon sentiment. Et c’est une grande chance de pouvoir partager ces moments particuliers tous les deux qui sont pour moi des moments exceptionnels. Merci tout plein ma chérie de m’accompagner dans cette formidable aventure. Vivement la suite !    :o)

Samedi 24 février juste avant le départ.