Chez Inès, paysanne-boulangère.

Bonjour bonjour,

Ça fait un moment que je suis sur ce 2ème article. Le voici enfin !

Mardi 8 août, direction la Somme, à Bayonvillers, chez Inès Deraeve, sur les bons conseils d’Agnès Champault (agricultrice à Ève 60330 en céréales bio qui me fournit ma farine). Nous nous sommes donnés rendez-vous le matin à 9h car c’est une petite journée pour Inès, elle ne fait que 90 -100 pains, soit…… une seule fournée ! A préciser que ses pains font 600 g, alors que les miens pèsent 500 g.

Une « petite journée », c’est idéal pour prendre le temps de discuter, d’observer l’agencement de son fournil, comment elle est organisée, comment elle travaille, prendre le temps d’échanger nos idées et aussi nos méthodes de travail.

Quelques explications devant le pétrin.
Nous observons et apprenons de nos 2 techniques différentes de façonnage.

Petite explication sur le terme de paysanne-boulangère :
La particularité du paysan-boulanger, en l’occurrence paysanne-boulangère pour Inès, c’est de faire du pain à partir de céréales cultivées sur sa propre ferme. D’ailleurs, dans la pièce qui jouxte le fournil, Inès nous montre son moulin Astrié (LA référence en terme de moulin) qui transforme directement leur blé en farine.  La fraîcheur-même au rendez-vous !

Derrière le fournil, le moulin Astrié, explications…

Allez, à présent il est temps de me recentrer sur le sujet de mon blog : le four !

Le four d’Inès est un four construit en briques comme la plupart des fours que je vous ai présentés dans le 1er article. La sole de ce four mesure 2,30 m de diamètre (enfin ce n’est pas tout à fait un rond). Son constructeur, André Houguet est un passionné qui travaille beaucoup à partir du nombre d’Or. Le nombre d’Or est une référence en terme de constructions à la fois solides et harmonieuses. D’ailleurs, ce n’est pas anodin  si on retrouve ce nombre d’Or dans la plupart des édifices qui traversent les siècles comme les églises, cathédrales, l’architecture grecque antique, et jusqu’aux pyramides ! (allez, je ne peux m’empêcher de vous partager ce lien qui a changé mon regard sur le monde lorsque j’ai découvert ce superbe documentaire en 2012. Ils parlent beaucoup de ce fameux nombre d’or : la révélation des pyramides). Le nombre d’Or est aussi très présent dans les œuvres de peintures, de musiques, et plus largement et tout simplement dans la Nature…

Avant de vous montrer quelques photos du four, je vous joins le lien de son constructeur, André Houguet qui vous amène directement sur son site : la clé de voûte.

Et voici !
La pelle en dit long…

Et voici l’intérieur du four.

La voûte est magnifique !

La petite particularité de ce four, il s’agit d’un four à gueulard : ici, on ne brûle pas le bois directement dans le four mais juste en dessous.

Le gueulard.

Ensuite, on oriente la flamme à droite, au centre et gauche pour bien chauffer uniformément partout.

La flamme sort du gueulard,
avec le foyer juste en dessous.

Autre particularité, le conduit de cheminée se situe à l’arrière du four pour laisser s’échapper les fumées. Dommage, je n’ai pas pris de photo de ce détail. Lorsque le four est prêt à cuire, Inès ferme ce conduit avec une trappe pour conserver la chaleur.

Une fois le gueulard retiré, cette gamelle en fonte remplie d’eau rebouche l’orifice et diffuse ainsi de la vapeur durant la cuisson.

 

Voici l’arrière du four, ce qui le soutient :

Réflexion…

Aujourd’hui ma réflexion se porte plus sur la taille de mon futur four dans lequel j’aimerais pouvoir enfourner entre 60 et 80 pains de 500 g. Celui d’Inès est vraiment impressionnant ! Je me dis qu’il est trop grand par rapport à mon projet. En même temps, je crains de peut-être  le regretter plus tard dans 6 mois, 1 ou 2 ans… « Ha bon sang si j’avais su ! » Allez, je garde cette idée de base (de 60 à 80 pains) pour l’instant. Elle évoluera peut-être… ou pas…

Ensuite, l’histoire du gueulard me plaît assez maintenant que je l’ai vu « en vrai ». Jacques m’en avait souvent parlé et je ne me rendais pas bien compte même si je trouvais le concept intéressant. Ici le gros avantage se retrouve clairement dans le nettoyage de la sole avant enfournement. A réfléchir…

Et puis ce qui me plaît aussi dans le four d’Inès, c’est la cheminée au fond du four et non à l’entrée comme j’ai pu voir jusqu’à présent. Je trouve cette configuration très intéressante (là c’est l’ancien pompier qui parle). Je vais certainement m’orienter vers ce choix d’évacuation des fumées (enfin je pense), avec ou sans gueulard.

Après cette petite réflexion, je vous laisse apprécier ces quelques photos qui illustrent la suite de cette belle journée.

C’est le moment d’enfourner.

L’enfournement.

Ici on voit cette jolie fournée d’environ 90 pains (87 de mémoire). Dans les moules en premier plan, quelques pains à la farine de petit épeautre.

En fin de cuisson.
Dommage que l’écran ne partage pas la bonne odeur du pain cuit 🙂

Encore une idée inspirante, le plan de travail amovible :

Sens pratique et ingéniosité.

Voici donc la fin de ce deuxième article que je vous partage avec beaucoup de plaisir. Je retiendrai de cette belle journée d’échanges et de découvertes la gentillesse et l’accueil particulièrement chaleureux de la famille Deraeve, le tout avec beaucoup de simplicité. J’y retournerai volontiers prochainement (enfin plutôt en 2018) et pourquoi pas y faire un stage de vannerie avec Elise, la sœur d’Inès qui fait de la vannerie d’art. Son atelier est juste à côté du fournil. Ça vaut le coup d’œil aussi. Et l’idée de construire un jour mes panières à pain me plaît beaucoup.

Un grand merci également à ma super reporter Ghislaine qui a pris la plupart des clichés qui illustrent cet article. Cela m’a permis d’être pleinement présent à notre rencontre avec Inès.  Merci tout plein !

Merci Inès ! 😉